Customer Rating:      Summary: Un "Petrouchka" subtil sous la baguette sensible de Dutoit ; une radiographie du "Sacre" par le jeune Tilson-Thomas Comment: Utilisant la partition originale de 1911, Charles Dutoit nous propose un "Petrouchka" délicatement orné, esquissant de subtiles nuances de timbres.
Sans nuire à la mobilité du discours, il tamise les éclairages et évite les couleurs trop vives, ce qui situe la narration dans un décor féerique, qui sera parachevé quelques années plus tard lors de son remake avec le Symphonique de Montréal (Decca).
Mais le clou du disque, c'est ce "Sacre" gravé en 1972 par un jeune chef américain qui livrait là un de ses tous premiers enregistrements : Mickaël Tilson-Thomas dévoilait déjà une exceptionnell maîtrise du grand orchestre.
Il obtient une parfaite cohésion de chaque bloc de pupitres, dont il confronte nettement les individualités sonores.
Sur une rythmique nerveuse et tendue, sa direction révèle une sidérante virtuosité dans l'enchevêtrement des agrégats instrumentaux.
Les bois acidulés se détachent nettement et viennent épicer une pâte de cordes particulièrement nourrie, ce qui nous vaut une "danse sacrale" aussi aiguisée que roborative.
Et quelle discipline chez les cuivres : dans "action rituelle des ancêtres", écoutez la fanfare des cors, tous unis dans un seul souffle !
La polyphonie demeure toujours lisible et spacieuse grâce à l'acoustique tellement phonogénique du Boston Symphony Hall.
En complément de programme : "le Roi des Etoiles", brève cantate symboliste sur un poème de Balmont, pour choeur d'hommes, vents et cuivres, à laquelle l'ambiance lunaire et ésotérique raffinée par Tilson-Thomas ne saurait mieux convenir.
Pour un coup d'essai, c'était un double coup de maître !
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